Frank ne s’attendait pas à ce que la maladie surgisse ainsi, sans prévenir. L’été 2012, il se lève chaque nuit, parfois plusieurs fois, pour aller aux toilettes. Sur le moment, il pense à des petits dérèglements liés à l’âge, rien d’alarmant. Son médecin généraliste lui confirme : la prostate est un peu gonflée, mais l’examen n’indique rien d’anormal au toucher. Un médicament, et les symptômes disparaissent en trois jours. Par précaution, le médecin lance tout de même une série d’analyses sanguines, dont le fameux PSA, l’antigène prostatique spécifique. Une valeur élevée peut signaler une activité inhabituelle dans la prostate.
Valeur PSA extrêmement élevée
Deux jours après la prise de sang, le médecin généraliste cherche Frank : le taux de PSA ne laisse aucun doute, il y a un risque majeur. Sans délai, direction l’urologue pour des examens approfondis. En une semaine, la sentence tombe : cancer de la prostate métastasé. Guérison impossible d’après les médecins, juste des traitements pour réduire la douleur et ralentir la progression des symptômes. « C’est comme si le sol s’était dérobé sous mes pieds, tout s’effondre autour de vous », lâche Frank. Très vite, il commence l’hormonothérapie. Le but : couper net la production de testostérone, car cette hormone nourrit la tumeur.
Le virage de l’expertise
Face au choc, Frank s’accroche à tout ce qui lui permet de reprendre une forme de contrôle. Il s’immerge dans des recherches, étudie l’urologie, se familiarise avec chaque aspect de sa maladie. En trois mois à peine, il maîtrise les termes techniques et gère un groupe d’échanges en ligne dédié au cancer de la prostate. Il refuse de garder le silence sur sa maladie : ses proches savent tout, pas de double discours. Frank réalise ce paradoxe étrange : malgré ses analyses, il se sent plutôt en forme, sauf quand les effets secondaires du traitement s’invitent. Il maintient son emploi, se lance dans le sport, gagne en tonicité, perd quelques kilos et retrouve un équilibre inédit.
Changer de cap thérapeutique
Frank part en quête d’un second avis et rencontre un autre urologue à Nimègue. Le contact passe. Le verdict reste sans appel : le cancer progresse bien plus vite que la majorité des cas diagnostiqués. Priorité au blocage de la testostérone. Frank décide alors de subir une orchidectomie sous-capsulaire, supprimant à la source la majeure partie de la production hormonale. Après un an et demi d’accalmie, la maladie revient. Les dispositifs médicaux changent : place à la chimiothérapie, et traitements pour protéger les os des fractures et de la perte de densité minérale.
Profiter tant que le temps est là
La chimiothérapie affaiblit Frank, mais il tient le choc. Hors de question d’attendre passivement : il veut profiter pleinement de ceux qu’il aime. Son conseiller met en place tout ce qu’il faut pour préserver l’avenir matériel de sa famille. À son poignet, une montre lui rappelle que chaque instant compte avec ses proches. Pas question de rater un match de foot de ses garçons, il s’investit dans la vie locale et planifie avec enthousiasme chaque voyage possible. Par ses récits publiés en ligne, il garde tout le monde informé, proches comme amis.
Son entourage, mis dans la confidence, sait exactement comment l’accompagner. Son organisation professionnelle s’ajuste à ses besoins sans négocier. Sur la plateforme Every Moment Matters, Frank partage ce qu’il traverse avec d’autres patients qui font face, eux aussi, à la brutalité d’un cancer de la prostate lancé à pleine vitesse. Tous témoignent d’une certitude : la maladie ne laisse rien immobile. Elle change même ce qu’on croyait intangible, parfois bien plus qu’on ne l’aurait imaginé.

