Des chercheurs affirment qu’un bonbon avalé au petit matin pourrait bien bousculer les idées reçues sur la perte de poids.
Daniela Jakubowicz, médecin à Tel-Aviv, s’est penchée sur cette question qui obsède tant de personnes : pourquoi l’aiguille de la balance remonte-t-elle si facilement après un régime ? Son constat va à l’encontre des conseils habituels : intégrer une touche sucrée au petit-déjeuner, gâteau ou chocolat, permettrait, après quelques jours, de tenir bon face aux tentations qui s’accumulent l’après-midi et le soir.
« Maintenir le poids perdu représente un défi colossal pour la plupart des personnes en surpoids », explique Jakubowicz. « Beaucoup parviennent à réduire leur poids dans les premiers mois, mais rechutent ensuite, et finissent parfois plus lourds qu’avant leur régime. »
Le saviez-vous ?
Un régime méditerranéen est parfois cité comme secret de longévité. Mais une étude offre une autre perspective. Pendant cette recherche, 193 personnes en surpoids ont été séparées en deux groupes. Tous ont suivi un régime pauvre en glucides. La nuance : le second groupe avait droit à un petit-déjeuner riche en protéines… et en sucré. Après seize semaines, les deux groupes avaient minci dans les mêmes proportions. Mais les adeptes du petit-déjeuner sans glucides ont peiné à conserver leurs nouvelles habitudes, et ont fini par céder aux douceurs plus tard dans la journée. Selon Jakubowicz, ce comportement n’est pas anodin : « Ce sont les sucreries consommées l’après-midi ou le soir qui favorisent la prise de poids, pas celles du matin. Notre organisme sécrète davantage d’adrénaline au réveil, et transforme la nourriture en énergie, pas en graisse ». Résultat : ceux qui avaient introduit un peu de sucre au réveil ont mieux stabilisé leur poids, certains continuant même à perdre quelques kilos.
Voici quelques aliments protéinés à privilégier au petit-déjeuner pour limiter la faim :
- Dinde
- Thon
- Blanc de poulet
Inclure ces sources de protéines pendant le premier repas de la journée permet de réduire la sensation de faim pour plusieurs heures. Jakubowicz précise : « Si vous consommez ces mêmes aliments le soir, l’effet rassasiant ne dure que quelques minutes. Voilà pourquoi tant de personnes grignotent sans fin après le dîner. »
La dépendance au sucre revisitée Fait étonnant : savourer un carré de chocolat au réveil pourrait réduire l’attrait pour le sucré sur le reste de la journée. Jakubowicz l’explique par le rôle de la sérotonine dans le cerveau. Cette molécule, libérée surtout l’après-midi, influence l’humeur et peut susciter une envie irrépressible de douceurs pour retrouver le sourire. Le matin, le taux de sérotonine est naturellement élevé, et cette envie ne se manifeste pas : « Si vous consommez une douceur au réveil, l’effet réconfortant n’a pas lieu, il n’y a donc pas de dépendance qui s’installe. »
Pour Jakubowicz, incorporer un plaisir sucré au petit-déjeuner ne relève donc pas du caprice mais d’une stratégie : « Si la faim se fait sentir en fin de journée, c’est souvent que le petit-déjeuner n’était pas assez riche en protéines… ou en gourmandises. »
Le matin, un muffin ou une part de chocolat ne sont pas forcément des ennemis. Entre équilibre et plaisir, la science s’invite à table : à chacun de composer son petit-déjeuner sans céder à la culpabilité. Qui aurait cru que la solution pouvait se cacher dans une douceur matinale ?


